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  ||   Raymond Radiguet, Le diable au corps (1923)  ||
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Ein 15jhriger Junge wird der Liebhaber einer 18jhrigen Frau - das wre eine banale Geschichte, wenn sie nicht im 1. Weltkrieg spielen wrde - fr den Erzhler waren das "vier Jahre groe Ferien" - und wenn die Frau nicht mit einem Soldaten, der an der Front kmpft, verlobt wre: ein "roman  scandale", der zugleich ein in nchternem, "klassischem" Stil gehaltener "roman danalyse" ist, geschrieben von einem "phnomne des lettres franaises" (Jean Cocteau).


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  || Inhalt dieser Datei ||
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Hier finden Sie *keine* Stundenentwrfe, sondern:

 - einen 'Questionnaire' zu Raymond Radiguet, Le diable au corps (RadiguetDiableQuestF11.doc);
   Vernachlssigt wurden alle spielerischen Umsetzungen (Szenisches Spiel, Standbilder, Film...)
   spartanische Hinweise zur Lsung des Questionnaire (RadiguetDiableQuest_HinweiseF11.doc)
 - ein Arbeitsblatt 'Le scandale du  Diable au corps ' (RadiguetDiableScandaleF11.doc)
 - Lsungsvorschlge dafr (RadiguetDiableScandale_SolutionF11.doc)
 - ein Vorschlag fr eine Klassenarbeit (RadiguetDiableKAF11.doc).
 - eine Grafik der Erstausgabe http://chali.bib.free.fr/lectures/imglect/radiguet.jpg

Der Autor brauchte einschl. Klassenarbeit und Grundvokabular "Roman" 15 Stunden fr die UE.

Ein Kreuzwortrtsel zum Vokabular der Romananalyse finden Sie auf dem LBS Baden-Wrttemberg (auch herunterladbar):
   http://www.schule-bw.de/unterricht/faecher/franz/umat/lit
 
Im Folgenden finden Sie hier:

 - Hinweise auf Editionen und Materialien sowie auf Internetquellen; die hier gespeicherten Texte knnen Sie aufgrund bestehenden Copyrights nicht verffentlichen, auch nicht auszugsweise, sondern nur schulintern verwenden!

 - Kontaktangaben zum Autor der Arbeitsbltter


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  || Vorbemerkung ||
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Die Seitenzahlen des Questionnaire beziehen sich auf die vereinfachte Ausgabe ("Easy reader / Facile  lire"), die u.a. beim Ernst Klett Verlag, Stuttgart, oder Bordas Editeur, Paris, bestellt werden kann. Es muss wohl nicht umstndlich erlutert werden, dass dieser Fassung gegenber dem Original einiges an Faszination verloren geht...
Die vereinfachte Fassung ist geeignet fr die Klasse 11, 2. und 3. Fremdsprache.


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  || Editionen und Materialien ||
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Eine vollstndige Ausgabe mit sehr ntzlichen "Cls de l'uvre" und Dossier bietet:

 - Raymond Radiguet, Le diable au corps, Prface et commentaires de Marc Dambre, Pocket, Paris, Coll. Pocket Classiques


Weitere Ausgaben mit Zeilennummerierung, Anmerkungen, Einfhrung und Aufgaben (fr franzsische Lyces gedacht):

 - Raymond Radiguet, Le diable au corps  - Texte intgral et dossier, Nathalie Gouiffs, Magnard, Coll. Classiques & Contemporains (einschl. lexikonartige Artikel zur Romananalyse und einige literarische Texte zu "Les amours adolescentes")

 - Raymond Radiguet, Le diable au corps  - Notes, questionnaires et synthses par B. Lout, Hachette, Coll. Bibliolyce; Vergleich mit anderen literarischen und knstlerischen Werken, Analyse des Romans, ausfhrliche Biographie Radiguets; ein Dossier pdagogique mit Lsungen der Aufgaben ist bei http://www.hachette-education.com herunterladbar (nach langer Suche und umfangreichen Angaben zur Person...)


Eine sehr ntzliche Interpretationshilfe bietet:

 - Raymond Radiguet, Le diable au corps, par Eric Busson, Bertrand Lacoste, Coll. Parcours de lecture


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  || Internet-Quellen, Kritiken ||
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Sie knnen sich den Text des Romans mehrfach aus Internet herunterladen - ntzlich, wenn man nach einem Zitat oder dem Vorkommen eines bestimmten Begriffs sucht:

http://www.france.diplomatie.fr/culture/biblio/foire_aux_textes/textes/RADIQUET/DIABLE/DIABLE.RTF (fr MS Word)
http://www.le-chateau.ilias.com/textes/diacorps.zip 
http://abu.cnam.fr/cgi-bin/donner?diablecor2 
http://litteratureaemporter.free.fr/romans/_arcs/diabcorh.zip (HTML-Fassung)
http://litteratureaemporter.free.fr/romans/_palm/diable_au_corps.pdb (fr Palm Reader v1.2.2)

Eine Bibliographie mit Hinweisen auf Filmbearbeitungen befindet sich unter
http://www.scd.univ-paris3.fr/Bibliogr/Radiguet/V_radig.htm
(zu Truffaut s.u.)

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http://www.alalettre.com/radiguet-diable.htm

Analyse du Diable au corps

Roman initiatique, roman damour, roman tragique, roman danalyse et roman dinspiration autobiographique, roman  succs et roman  scandale, Le Diable au corps est tout cela, et bien plus encore.

" Cest en enfant que je devais me conduire dans une aventure o dj un homme et prouv de lembarras " dclare le narrateur, qui na pas de nom, ds les premires lignes du roman. Le terme ambigu d " aventure " contenu dans ce jugement rtrospectif suggre  la fois lvnement important qui marque une vie, le roman daventures, et la liaison sensuelle. Cest le mme lien entre lenfance et lge dhomme qui est tiss par le titre, Le Diable au corps. En effet, lexpression " avoir le diable au corps ", qui sapplique souvent  des enfants particulirement agits et inventifs en matire de btises, a pris, avec le roman de Radiguet, une connotation rotique atteste par les dictionnaires. Or lhistoire du Diable au corps est lhistoire dune initiation, celle dun garon de seize ans qui, en 1918 va connatre lamour avec une femme plus ge que lui, marie de surcrot  un soldat qui risque tous les jours sa vie au front. Marthe, la jeune femme, mourra, laissant derrire elle un enfant, le fils du narrateur, que le mari de celle-ci, Jacques, lvera comme son fils, nayant pas su linfidlit de sa femme.

Roman initiatique, roman damour, Le Diable au corps est galement un roman danalyse, un roman tragique aussi, puisque le narrateur explique dans un rcit rtrospectif comment est ne sa liaison avec Marthe, et comment les circonstances, les temps de guerre, sa famille, la famille de Marthe, ont permis cette relation, dont lissue sera tragique pour la jeune femme. Le got de lexplication et de lanalyse psychologique se rvlent  chaque page, le narrateur tentant dexpliquer ses sentiments et ses actes. Se rvlant puril, cruel et froid, dveloppant de Marthe une image assez ambigu, le narrateur adulte montre avec prcision le caractre tragique de cette liaison voue  lchec, et qui sachve avec la mort de lhrone. Le personnage de Marthe rappelle les hrones de Racine, car son amour aveugle, son got de la rvolte et de labsolu, se heurtant  la ralit familiale et sociale, la conduisent  la seule issue envisageable, la mort. Lanalyse psychologique prend souvent dans le roman la forme de maximes qui rappellent nettement celles de La Rochefoucauld : " Le bonheur est goste ", " Ce nest pas dans la nouveaut, cest dans lhabitude que nous trouvons les plus grands plaisirs ", " Celui qui aime agace toujours celui qui naime pas ", " Lamour, qui est lgosme  deux, sacrifie tout  soi, et vit de mensonges ", " Les vrais pressentiments se forment  des profondeurs que notre esprit ne visite pas. Aussi, parfois, nous font-ils accomplir des actes que nous interprtons tout de travers ". La nouveaut et la russite du Diable au corps doivent beaucoup  cette influence reconnue, et fconde, de ces grands auteurs classiques.

Radiguet a puis dans son exprience personnelle la trame de son roman. Il a effectivement eu une liaison entre 1917 et 1919 avec une jeune femme plus ge que lui, Alice, qui tait marie  un soldat combattant au front. Mais Le Diable au corps est plus quune transposition de cette aventure personnelle, et lauteur, dans un article paru le jour de la sortie du roman le rappelle clairement : " Ce petit roman damour nest pas une confession, et surtout au moment o il semble davantage en tre une. Cest un travers trop humain de ne croire qu la sincrit de celui qui saccuse ; or, le roman exigeant un relief qui se trouve rarement dans la vie, il est naturel que ce soit justement une fausse autobiographie qui semble la plus vraie " (Les Nouvelles littraires, 10 mars 1923).

Enfin, il faut dire quelques mots sur les conditions de parution du roman. Bernard Grasset, lditeur, a savamment orchestr le lancement du Diable au corps, en insistant sur la jeunesse de lauteur du roman  paratre, en envoyant des photographies de Radiguet aux journaux, utilisant mme le cinma pour montrer lauteur signant son contrat avec la maison dditions. Le succs est immdiat, mais cest essentiellement un succs de scandale : lge de lauteur, la jeunesse du personnage et le scandale de sa liaison avec une femme marie, qui plus est avec un soldat qui combat au front, irritent, cinq annes  peine aprs la fin de la guerre. Radiguet a rpondu  ces critiques dans larticle paru dans Les Nouvelles littraires le 10 mars 1923, alimentant ainsi la polmique. Le scandale sest apais depuis, et Le Diable au corps est devenu un classique de la littrature du dbut du vingtime sicle.

Clemence Camon

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http://www.alalettre.com/radiguet-intro.htm

Raymond Radiguet (1903-1923)

" Raymond Radiguet partage avec Arthur Rimbaud le terrible privilge dtre un phnomne des lettres franaises. " Jean Cocteau

" Il tait petit, ple, myope, ses cheveux mal coups pendaient sur son col et lui faisaient des favoris. Il grimaait comme au soleil. Il sautillait dans sa dmarche. On et dit que les trottoirs lui taient lastiques. Il tirait de ses poches les petites feuilles de cahier dcolier quil y enfonait en boule. Il les dchiffonnait du plat de la main et, gn par une des cigarettes quil roulait lui-mme, essayait de lire un pome trs court. Il le collait contre son il. " Cest en ces termes que Cocteau se souvient de Raymond Radiguet. Lenfant prodige de la littrature, " Monsieur Bb " comme le surnommaient ses amis, a vcu ce que vivent les roses, mais il a eu le temps de composer un recueil de pomes, Les Joues en feu (1920), et un chef-duvre devenu classique, Le Diable au corps (1923). Le 12 dcembre 1923, il meurt de la typhode, sans avoir pu revoir les preuves du Bal du comte dOrgel, son second roman.

" On nest pas srieux, quand on a dix-sept ans " crira Rimbaud. Raymond Radiguet,  qui on le compare souvent, sans doute en raison de leur gale prcocit, lui,  dix-sept ans, prend dj ses distances avec les dadastes (Tristan Tzara, Andr Breton), quil frquente depuis un an. Il fonde la revue Le Coq avec Cocteau, Satie et Poulenc, crit une comdie, Les Plican, et rdige, toujours avec Cocteau, le livret de Paul et Virginie, opra-comique, dont Satie aurait d composer la musique. Enfin, il publie Les Joues en feu, son recueil de pomes.

Raymond Radiguet est bien un prodige, et sil doit une partie de son succs  Cocteau, son matre et ami, la postrit a prouv que Cocteau ne stait pas tromp. Raymond Radiguet est une toile filante de la littrature des annes 1920, mais il a durablement influenc celle-ci, en prnant, au milieu de leffervescence cratrice de ces annes daprs-guerre, le retour  une criture classique, dont Le Diable au corps est la magnifique illustration, et qui, par sa rigueur et sa simplicit laisse voir que son auteur a lu et apprci les gnies du sicle de Louis XIV. " Efforcez-vous dtre banal " dclare Radiguet dans un article intitul " Conseils aux grands potes ". Cette injonction est surtout une mise en garde contre les drives dadastes, mais aussi la revendication dun certain naturel, celui des classiques.

" Je vais encourir bien des reproches. Mais quy puis-je ? Est-ce ma faute si jeus douze ans quelques mois avant la dclaration de la guerre ? [] Que ceux dj qui men veulent se reprsentent ce que fut la guerre pour tant de trs jeunes garons : quatre ans de grandes vacances ". Ainsi commence Le Diable au corps, et lon comprend ce qui a pu irriter certains lecteurs de lpoque, et gnrer le parfum de scandale qui a entour la sortie du roman, le premier roman dun enfant prodige de dix-sept ans, qui raconte lhistoire damour dun jeune homme et dune jeune femme dont le mari est  la guerre, au front. Radiguet, le jour de la sortie du livre, le 10 mars 1923, fait paratre un article dans les colonnes des Nouvelles littraires. Il y revendique le droit  lcriture pour la jeunesse. " C'est un lieu commun, crit-il, par consquent, une vrit et point ngligeable, que pour crire il faut avoir vcu. Mais ce que je voudrais savoir, c'est  quel ge on a le droit de dire : " J'ai vcu." [] C'est, si l'on y pense un peu, bien du mpris pour les jeunes gens, que de s'tonner parce que l'un d'eux crit un roman." Plus loin, il se dfend davoir crit une autobiographie, et livre in extremis une petite leon de littrature  ses dtracteurs : " Mais pour le hros du Diable au corps (que malgr l'emploi du " je " il ne faudrait pas confondre avec l'auteur), son drame est ailleurs. Ce drame nat davantage des circonstances que du hros lui-mme. On y voit la libert, le dsuvrement, dus  la guerre, faonner un jeune garon et tuer une jeune femme. Ce petit roman d'amour n'est pas une confession, et surtout au moment o il semble davantage en tre une. C'est un travers trop humain de ne croire qu' la sincrit de celui qui s'accuse ; or, le roman exigeant un relief qui se trouve rarement dans la vie, il est naturel que ce soit justement une fausse autobiographie qui semble la plus vraie. "

Il faut lire, ou relire, Le Diable au corps. Ce court roman, " fausse autobiographie " qui emprunte  la vraie vie de Radiguet, entrepris en 1919 et achev cinq annes plus tard, est un magnifique roman damour tragique doubl dun tmoignage surprenant sur la guerre de 14-18 vue par les yeux dun jeune garon. Cest aussi, et surtout, un chef-duvre dintelligence, de naturel et de grce.

Mais il faut galement se plonger dans Le Bal du comte dOrgel, la dernire uvre de Radiguet, publie en 1924, car dans ce roman, quon a souvent rapproch de La Princesse de Clves de Mme de La Fayette pour sa profondeur dans lanalyse psychologique, on retrouve le classicisme exacerb de Radiguet, tempr par lexprience sereine de Cocteau, qui, aprs la mort du jeune homme, a particip aux corrections des preuves devenues orphelines.

A propos de Raymond Radiguet, Cocteau crit, dans un article intitul " Cet lve qui devint mon matre ", (publi dans Les Nouvelles littraires, artistiques et scientifiques le 5 juin 1952) : "Il est une plante qui parle, en quelque sorte. Dans Le Diable au corps, cette plante raconte le mystre de ses racines. Dans Le Bal du comte dOrgel, cette plante donne sa fleur, et son parfum est parole. "

Clemence Camon

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http://www.encyclopedies.hachette-multimedia.fr/W3E/LITT/ARTICLES/MA_2468.1.html 

Le Diable au corps sur Internet

 Roman de Raymond Radiguet (1923). Insolent et provocateur pour l'poque, ce premier roman de Radiguet publi l'anne de sa mort connat un immense succs. Comble du scandale, la guerre est prsente comme la condition idale du bonheur des amants et bafoue donc l'honneur du soldat. La thmatique est simple: une histoire d'amour adultre entre une jeune pouse de soldat parti au front et un jeune garon  peine entr dans l'adolescence qui fuit ses responsabilits. En avril 1917, Franois, 15 ans, sympathise avec Marthe, 18 ans, fiance  Jacques, parti  la guerre. Marie six mois plus tard, elle continue  frquenter le jeune homme et lui offre son amour le soir de ses seize ans. Dans le village de J..., cette aventure est connue de tous et condamne, y compris par les familles respectives des deux hros. Enceinte de Franois, Marthe fait croire  son mari que l'enfant est de lui, son amant ayant fui toute responsabilit ou se sentant trop jeune pour les assumer. Aprs la naissance de l'enfant, Marthe  l'agonie rclame la prsence de Franois qui, lche jusqu'au bout, reste sourd  ses appels. Exprime sur un ton cynique et dsabus, la narration laisse supposer qu'elle est autobiographique, mais Radiguet lui-mme souligne que le Diable au corps est une pure fiction. Malin, irresponsable, cruel, tratre, goste, le personnage de Franois est riche et analys avec une grande lucidit. Il prsente quelques ressemblances avec celui de l'Immoraliste de Gide. Le Diable au corps, roman  l'ironie acerbe, n'pargne personne: les mres, notamment, s'y montrent tyranniques, jalouses et hypocrites. Claude Autant-Lara a adapt le Diable au corps pour le cinma en 1946 (avec Grard Philipe et Micheline Presle).

 Copyright Hachette, 1998

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http://www.bretagne.iufm.fr/ress-peda/lettres/didactiqueLettres/diable.htm

Le diable au corps

 A propos de Raymond Radiguet et de son uvre, voici le dire et le voir de lencyclopdie Hachette multimdia :

 "Radiguet (Raymond) Claude Autant-Lara : le Diable au corps crivain franais (Saint-Maur-des-Fosss, 1903  Paris, 1923). Rvl par J. Cocteau, il crivit, outre des pomes, deux romans psychologiques, d'une facture toute classique, le Diable au corps (1923) et le Bal du comte d'Orgel (1924)". [L'article est accompagn d'une photo du film d'Autan-Lara montrant Grard Philipe et Micheline Presle]

 A partir de lassertion de larticle " dune facture classique ", il est possible de dvelopper un travail intertextuel du type : justification/infirmation  laide dexemples pris dans luvre.

 Il serait mme possible de raliser une squence plus longue mettant en interrelation le texte, les quatrimes de couvertures qui existent ( 4 diffrentes au format poche) et une ou des adaptations cinmatographiques.

 A noter par exemple que celle dAutant-Lara, hyper classique contribue sans doute au jugement " moderne " port sur le roman, au contraire de celles de Bellochio et de Vergez, qui tentent de rendre compte du ct provocateur, historiquement, de luvre de Radiguet.

 Le rsum-amorce de la deuxime dition du livre de poche (premire de couverture illustre par une photo du film Grard Philipe-Micheline Presle) va mme jusqu' donner un prnom au hros-narrateur (Franois, prnom attribu dans la version dAutant-Lara) alors que lauteur prend garde de ne jamais dire le prnom de son hros !


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http://www.amazon.fr/exec/obidos/tg/detail/-/books/2070373916/reviews/ref=cm_rev_more/402-9864156-2969740#3

Amazon.fr
La notion de prtexte est la grande force du Diable au corps : le ton froid et analytique du rcit, mme si sans aucun doute il correspond  merveille au caractre du hros adolescent, tient sans cesse le lecteur sur ses gardes. Calculateur jusque dans ses amours avec Marthe, une jeune femme de trois ans son ane, marie bourgeoisement et devenue sa matresse de manire un peu moins romanesque qu'il voudrait le croire, le jeune hros affiche cette morgue superbe qu'ont les enfants prcoces. Suprieurement intelligent, dou pour les tudes, le jeune garon nous fait le rcit, d'un ton en apparence dtach, de l'ennui profond qu'il a prouv durant la Premire Guerre mondiale et qui l'a conduit  se lancer corps et me dans son aventure amoureuse. Car son amour pour Marthe s'amplifie, malgr son jeune ge et en dpit du scandale, au point de l'envahir entirement. Indpendamment de toute morale, ce diable qui lui envahit le corps, source de tracas puis de souffrance, c'est l'lment tranger qui parvient  pntrer en lui malgr l'assurance et la force manipulatrice d'un ego surdimensionn. En conduisant son hros de l'enfance  la paternit, Radiguet lui fait traverser l'exprience de toute une vie, faisant de la guerre une priode entre parenthses, une tape dans la maturation du corps et de l'esprit. --Sana Tang-Lopold Wauters

Quatrime de couverture
Nulle provocation chez Radiguet, du moins en apparence; la forme faisait passer le fond. C'tait le bon usage des mauvaises passions. Et o tait l'indcence, l'immoralit, sinon dans la guerre mme, qui offensait  la race,  la nature, en empchant de s'unir des tres jeunes ? [...] La vraie rouerie de Radiguet est l o le public n'a pas t la chercher, dans le style ; cette fausse maladresse, cet art si voulu, ces sentiments oss sur du papier d'colier quadrill, rappellent son mot posthume et ravissant : K Tous les grands potes ont crit  dix-sept ans ; les plus grands sont ceux qui parviennent  le faire oublier. Ce texte se rapporte  l'dition Poche.

SDM
Un petit chef-d'oeuvre scandaleux  l'poque (1923) puisqu'il racontait les amours buissonires de deux jeunes gens pendant la guerre o leurs contemporains combattaient. -- Services Documentaires Multimdia

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http://www.puf.com/index.htm?livres/fiches/22407934_pre.htm

Raymond Radiguet, la nostalgie
BORGAL Clment
1  La grande illusion, 5
2  Les eaux printanires, 21
3  Voici des fruits, des fleurs..., 49
4  Sabots et tableaux noirs, 69
5  Cette histoire o nous sommes ns, 91
6  Le retour de l'enfant prodigue, 115
7  Paradis perdu, 137
8  L, tout n'est qu'ordre et beaut, 167
uvres de Raymond Radiguet, 221


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http://members.it.tripod.de/Tinto/lettere/radig.htm

Raymond Radiguet

"Il Diavolo in corpo"  uno dei romanzi che pi mi ha colpito: oggi si direbbe che  politicamente scorretto. Non sta bene scrivere "...cosa fu la guerra per tanti ragazzi: quattro anni di grandi vacanze". E' compito di ogni buon intellettuale impegnato e pacifista sottolineare in ogni occasione la drammaticit delle guerre, la loro assurdit, l'abbruttimento delle vite di tutti, anche di chi non partecipa direttamente ai combattimenti. E questo che fa? Ci racconta una storia, che si intuisce essere stata vissuta, almeno in modo simile, dallo stesso autore: un ragazzo giovane approfitta della partenza per il fronte di un neo sposo per sedurre la moglie appena pi grande di lui e soddisfa la propria egoistica ricerca del piacere. 

Si, mi piace! Lo stile asciutto, preciso e chiaro esalta il cinismo del racconto: quando leggerete la conclusione.... Intanto vi do un assaggio: 

"... quale non fu la mia sorpresa nel vedere un gruppo di persone davanti al cancello dei M. Dalle due del pomeriggio, la loro giovane domestica, impazzita, si era rifugiata sul tetto e rifiutava di scendere. I M., terrorizzati dallo scandalo, avevano chiuso tutte le imposte, sicch la tragedia di quella pazza sul tetto era ingigantita dal fatto che la casa pareva abbandonata. Qualcuno gridava, era indignato che i suoi padroni non facessero nulla per salvare la sciagurata. Questa esitava sulle tegole, senza avere tuttavia l'aria di ubriacona..."

"Era ancora al suo posto. ...arrivarono i pompieri: in sei scavalcarono il cancello, circondarono la casa, arrampicandosi su ogni lato. Appena uno apparve sul tetto, la folla si mise a vociare per avvisare la vittima. A quelle urla, la pazza, armatasi di tegole, ne tir una sull'elmetto del pompiere arrivato sul tetto. Gli altri scesero in fretta."

"... cento torce illuminarono improvvisamente la pazza come lampi al magnesio per fotografare una nuova stella. Fu allora che, agitando le mani in segno di addio, e credendo fosse la fine del mondo, o semplicemente che stessero per prenderla, la donna si gett dal tetto, cadendo spezz la tettoia, con un fracasso spaventoso, per schiantarsi poi sui gradini di pietra. Fino a quel momento mi ero sforzato di sopportare tutto, ma quando sentii - ancora viva- caddi privo di conoscenza. Al ritorno, ripassando davanti al luogo, credetti di vedere dietro il cancello una sagoma bianca, il fantasma della domestica! Era il padre M., con un berretto di cotone, che contemplava i danni, la tettoia, le tegole, il prato, le siepi, i gradini sporchi di sangue, il suo prestigio distrutto." 

R. Radiguet nasce nel 1903, frequenta poco la scuola a causa della guerra, si dedica al giornalismo dall'et di quindici anni. Scrive questo romanzo a diciotto. Muore di tifo a venti.


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http://iihm.imag.fr/truffaut/unecertainetendance.html

INDEX :
 DIX OU DOUZE FILMS...
 DES FILMS DE SCENARISTES...
 NUL N'IGNORE PLUS AUJOURD'HUI...
 DE L'EQUIVALENCE...
 CETTE FAMEUSE FIDELITE...
 LE MASQUE ARRACHE...
 IL FAUDRAIT BIEN QU'UN JOUR...
 L'INFLUENCE D'AURENCHE ET BOST EST IMMENSE...
 ON REGRETTE PREVERT...
 REALISME PSYCHOLOGIQUE, NI REEL, NI PSYCHOLOGIQUE...

 Ces notes n'ont pas d'autre objet qu'essayer de dfinir une certaine tendance du cinma Franais-tendance dite du ralisme psychologique-et d'en esquisser les limites.

DIX OU DOUZE FILMS...

Si le cinma Franais existe par une centaine de films chaque anne, il est bien entendu que dix ou douze seulement mritent de retenir l'attention des critiques et des cinphiles, l'attention donc de ces Cahiers.

Ces dix ou douze films constituent ce que l'on a joliment appel la Tradition de la Qualit, ils forcent par leur ambition l'admiration de la presse trangre, dfendent deux fois l'an les couleurs de la France  Cannes et  Venise o, depuis 1946, ils raflent assez rgulirement mdailles, lions d'or et grands prix.

Au dbut du parlant, le cinma Franais fut l'honnte dmarquage du cinma amricain. Sous l'influence de Scarface nous faisions l'amusant Pp le Moko. puis le scnario Franais dut  Prvert le plus clair de son volution, Quai des brumes reste le chef duvre de l'cole dite du ralisme potique.

La guerre et l'aprs-guerre ont renouvel notre cinma. Il a volu sous l'effet d'une pression interne, et au ralisme potique - dont on peut dire qu'il mourut en refermant derrire lui Les portes de la nuit - s'est substitu le ralisme psychologique, illustr par Claude Autant-Lara, Jean Delannoy, Ren Clment, Yves Allgret et Marcel Pagliero.

DES FILMS DE SCENARISTES

Si l'on veut bien se souvenir que Delannoy a tourn nagure Le Bossu et La Part de l'ombre, Claude Autant-Lara Le Plombier amoureux et Lettres d'amour, Yves Allgret La Bote aux rves et Les Dmons de l'aube, que tous ces films sont justement reconnus comme des entreprises strictement commerciales, on admettra que les russites ou les checs de ces cinastes tant fonction des scnarios qu'ils choisissent, La Symphonie pastorale, Le Diable au corps, Jeux interdits, Manges, Un homme marche dans la ville sont essentiellement des films de scnaristes. Et puis l'indiscutable volution du cinma franais n'est-elle pas due essentiellement au renouvellement des scnaristes et des sujets,  l'audace prise vis--vis des chefs-duvre,  la confiance, enfin, faite au public d'tre sensible  des sujets gnralement qualifis de difficiles? C'est pourquoi il ne sera question ici que des scnaristes, ceux qui, prcisment, sont  l'origine du ralisme psychologique au sein de la Tradition de la Qualit : Jean Aurenche et Pierre Bost, Jacques Sigurd, Henri Jeanson (nouvelle manire), Robert Scipion, Roland Laudenbach, etc...

NUL N'IGNORE PLUS AUJOURD'HUI...

Aprs avoir tt de la mise en scne en tournant deux courts mtrages oublis, Jean Aurenche s'est spcialis dans l'adaptation. En 1936 il signait, avec Anouilh, les dialogues de Vous n'avez rien  dclarer et Les Dgourdis de la 11e. Dans le mme temps Pierre Bost publiait  la N.R.F. d'excellents petits romans. Aurenche et Bost firent quipe pour la premire fois en adaptant et dialoguant "Douce", que mit en scne Claude Autant-Lara. Nul n'ignore plus aujourd'hui qu'Aurenche et Bost ont rhabilit l'adaptation en bouleversant l'ide que l'on en avait, et qu'au vieux prjug du respect  la lettre ils ont substitu, dit-on, celui contraire du respect  l'esprit, au point qu'on en vienne  crire cet audacieux aphorisme : "Une adaptation honnte est une trahison" (Carlo Rim, "Travelling et Sex-appeal").

DE L'EQUIVALENCE...

De l'adaptation telle qu'Aurenche et Bost la pratiquent, le procd dit de l'quivalence est la pierre de touche. Ce procd suppose qu'il existe dans le roman adapt des scnes tournables et intournables et qu'au lieu de supprimer ces dernires (comme on le faisait nagure) il faut inventer des scnes quivalentes, c'est--dire telles que l'auteur du roman les et crites pour le cinma.

"Inventer sans trahir", tel est le mot d'ordre qu'aiment  citer Jean Aurenche et Bost, oubliant que l'on peut aussi trahir par omission. Le systme d'Aurenche et Bost est si sduisant dans le l'nonc mme de son principe, que nul n'a jamais song  en vrifier d'assez prs le fonctionnement.

C'est un peu ce que je me propose de faire ici.

Toute la rputation d'Aurenche et Bost est tablie sur deux points prcis :

1) La fidlit  l'esprit des oeuvres qu'ils adaptent;

2) Le talent qu'ils y mettent.

CETTE FAMEUSE FIDELITE...

Depuis 1943 Aurenche et Bost ont adapt et dialogu ensemble : "DOUCE" de Michel Davet. "LA SYMPHONIE PASTORALE" de Gide, "LE DIABLE AU CORPS" de Radiguet, "UN RECTEUR A L'ILE DE SEIN" (DIEU A BESOIN DES HOMMES) de Queffelec, "LES JEUX INCONNUS" (JEUX INTERDITS) de Franois Boyer, "LE BLE EN HERBE" de Colette. De plus ils ont crit une adaptation du "JOURNAL D'UN CURE DE CAMPAGNE" qui n'a jamais t tourne, un scnario sur "JEANNE D'ARC" dont une partie seulement vient d'tre ralise (par Jean Delanny) et enfin scnario et dialogues de L'AUBERGE ROUGE (mis en scne par Claude Autant-Lara). On aura remarqu la profonde diversit d'inspiration des oeuvres et des auteurs adapts. Pour accomplir ce tour de force qui consiste  rester fidle  ,l'esprit de Michel Davet, Gide, Radiguet, Queffelec, Franois Boyer, Colette et Bernanos, il faut possder soi-mme, j'imagine, une souplesse d'esprit, une personnalit dmultiplie peu communes ainsi qu'un singulier clectisme.

Il faut aussi considrer qu'Aurenche et Bost sont amens  collaborer avec les metteurs en scne les plus divers; Jean Delannoy, par exemple, se conoit volontiers comme un moraliste mystique. Mais la menue bassesse du GARCON SAUVAGE, la mesquinerie de LA MINUTE DE VERITE, l'insignifiance de LA ROUTE NAPOLEON montrent assez bien l'intermittence de cette vocation. Claude Autant Lara, au contraire, est bien connu pour son non-conformisme, ses ides "avances", son farouche anti-clricalisme; reconnaissons  ce cinaste le mrite de rester toujours, dans ses films, honnte avec lui-mme. Pierre Bost tant le technicien du tandem, c'est  Jean Aurenche que semble revenir la part spirituelle de la commune besogne.

Elev chez les jsuites, Jean Aurenche en a gard tout  la fois la nostalgie et la rvolte. S'il a flirt avec le surralisme, il semble avoir sympathis avec les groupes anarchistes des annes trente. C'est dire combien sa personnalit est forte, combien aussi elle parat incompatible avec celles de Gide, Bernanos, Queffelec, Radiguet. Mais l'examen des oeuvres nous renseignera sans doute davantage.

L'Abb Amde Ayffre a su trs bien analyser LA SYMPHONIE PASTORALE et dfinir les rapports de luvre crite  luvre filme : "Rduction de la foi  la psychologie religieuse chez Gide, rduction maintenant de celle-ci  la psychologie tout court... A cet abaissement qualitatif va correspondre maintenant, selon une loi bien connue des esthticiens, une augmentation quantitative. On va ajouter de nouveaux personnages : Piette et Casteran, chargs de reprsenter certains sentiments. La tragdie devient drame, mlodrame." ("Dieu au cinma", p.131).

Ce qui me gne dans ce fameux procd de l'quivalence c'est que je ne suis pas certain du tout qu'un roman comporte des scnes intournables, moins certain encore que les scnes dcrtes intournables le soient pour tout le monde. Louant Robert Bresson de sa fidlit  Bernanos, Andr Bazin terminait son excellent article : La stylistique de Robert Bresson, par ces mots : "Aprs le journal d'un cur de campagne, Aurenche et Bost ne sont plus que les Viollet-Leduc de l'adaptation."

Tous ceux qui admirent et connaissent bien le film de Bresson se souviennent de l'admirable scne du confessionnal o le visage de Chantal "a commenc d'apparatre peu  peu, par degr" (Bernanos). Lorsque, plusieurs annes avant Bresson, Jean Aurenche crivit une adaptation du "journal", refuse par Bernanos, il jugea intournable cette scne et lui substitua celle que nous reproduisons ici.

"-Voulez-vous que je vous entende ici ? (il dsigne le confessionnal).
-Je ne me confesse jamais.
-Pourtant, vous vous tes bien confess hier puisque vous avez communi ce matin ?
-Je n'ai pas communi.
Il la regarde, trs surpris.
-Pardonnez-moi, je vous ai donn la communion.
Chantal s'carte rapidement vers le prie-Dieu qu'elle occupait le matin.
-Venez voir.
Le cur la suit. Chantal lui dsigne le livre de messe qu'elle y a laiss.
-Regardez dans ce livre, Monsieur. Moi, je n'ai peut-tre plus le droit d'y toucher.
Le cur, trs intrigu, ouvre le livre et dcouvre entre deux pages l'hostie que Chantal y a crache. Il a un visage stupfait et boulevers.
-J'ai crach l'hostie, dit Chantal.
-Je vois, dit le cur d'une voix neutre.
-Vous n'avez jamais vu a, n'est ce pas ? dit Chantal, dure, presque triomphante.
-Non, jamais, dit le cur trs calme en apparence.
-Est-ce que vous savez ce qu'il faut faire ?
Le cur ferme les yeux un court instant. Il rflchit ou il prie. Il dit :
-C'est trs simple  rparer, Mademoiselle. Mais c'est horrible  commettre.
Il se dirige vers l'autel, en portant le livre ouvert. Chantal le suit.
-Non, ce n'est pas horrible. Ce qui est horrible c'est de recevoir l'hostie en tat de pch.
-Vous tiez donc en tat de pch ?
-Moins que d'autres, mais eux a leur est gal.
-Ne jugez pas.
-Je ne juge pas, je condamne, dit Chantal avec violence.
-Taisez-vous devant le corps du Christ !
Il s'agenouille devant l'autel, prend l'hostie dans le livre et l'avale."


Une discussion sur la foi oppose au milieu du livre le cur et un athe obtus nomm Arsne : "Quand on est mort, tout est mort". Cette discussion, dans l'adaptation sur la tombe du mme cur, entre Arsne et un autre cur, termine le film. Cette phrase : "Quand on est mort, tout est mort", devait tre la dernire rplique du film, celle qui porte, la seule peut-tre que retient le public. Bernanos ne disait pas pour conclure : "Quand on est mort, tout est mort", mais : "Qu'est-ce que cela fait, tout est grce".

"Inventer sans trahir", dites-vous, il me semble  moi qu'il s'agit l d'assez peu d'invention pour beaucoup de trahison. Un dtail encore ou deux. Aurenche et Bost n'ont pu faire Le journal d'un cur de campagne parce que Bernanos tait vivant. Robert Bresson a dclar que, Bernanos vivant, il eut pris avec luvre plus de libert. Ainsi l'on gne Aurenche et Bost parce qu'on est en vie, mais l'on gne Bresson parce que l'on est mort.

LE MASQUE ARRACHE...

De la simple lecture de cet extrait, il ressort :

1) Un souci d'infidlit  l'esprit comme  la lettre constant et dlibr;

2) Un got trs marqu pour la profanation et le blasphme.

Cette infidlit  l'esprit dgrade aussi bien "Le diable au corps" ce roman d'amour qui devient un film anti-militariste, anti-bourgeois, "La symphonie pastorale" une histoire de pasteur amoureux, Gide devient du Batrix Beck, "Un Recteur  l'le de Sein" dont on troque le titre contre celui quivoque de Dieu a besoin des hommes, o les liens nous sont montrs comme les fameux "crtins" du Terre sans fin de Buuel.

Quant au got du blasphme, il se manifeste constamment, de manire plus ou moins insidieuse, selon le sujet, le metteur en scne, voire la vedette.

Je rappelle pour mmoire la scne du confessionnal de Douce, l'enterrement de Marthe dans Le Diable..., les hosties profanes dans cette adaptation du "Journal d'un cur de campagne" (scne reporte dans Dieu a besoin des hommes), tout le scnario et le personnage de Fernandel dans L'Auberge rouge, la totalit du scnario de Jeux interdits (la bagarre dans le cimetire).

Tout dsignerait donc Aurenche et Bost pour tre des auteurs de films franchement anti-clricaux, mais comme les films de soutanes sont  la mode, nos auteurs ont accept de se plier  cette mode. Mais comme il convient - pensent-ils - de ne point trahir leurs convictions, le thme de la profanation et du blasphme, les dialogues  double entente, viennent  et l prouver aux copains que l'on sait l'art de "rouler le producteur" tout en lui donnant satisfaction, rouler aussi le "grand public" galement satisfait.

Ce procd mrite assez bien le nom d'alibisme; il est excusable et son emploi est ncessaire  une poque o il faut sans cesse feindre la btise pour oeuvrer intelligemment, mais s'il est de bonne guerre de "rouler le producteur", n'est-il pas quelque peu scandaleux de "re-writer" ainsi Gide, Bernanos, Radiguet?

En vrit, Aurenche et Bost travaillent comme tous les scnaristes du monde, comme avant-guerre Spaack ou Natanson.

Dans leur esprit, toute histoire comporte les personnages A, B, C, D. A l'intrieur de cette quation, tout s'organise en fonction de critres connus d'eux seuls. Les coucheries s'effectuent selon une symtrie bien concerte, des personnages disparaissent, d'autres sont invents, le script s'loigne peu  peu de l'original pour devenir un tout, informe mais brillant, un film nouveau, pas  pas, fait son entre solennelle dans la Tradition de la Qualit.

SOIT, ME DIRA-T-ON...

On me dira : "Admettons qu'Aurenche et Bost soient infidles, mais nierez-vous aussi leur talent?" Le talent, certes, n'est pas fonction de la fidlit, mais je ne conois d'adaptation valable qu'crite par un homme de cinma. Aurenche et Bost sont essentiellement des littrateurs et je leur reprocherai ici de mpriser le cinma en le sous-estimant. Ils se comportent vis--vis du scnario comme l'on croit rduquer un dlinquant en lui trouvant du travail, ils croient toujours avoir "fait le maximum" pour lui en le parant des subtilits, de cette science des nuances qui font le mince mrite des romans modernes. Ce n'est d'ailleurs pas le moindre travers des exgtes de notre art que de croire l'honorer en usant du jargon littraire. (N'a-t-on pas parl de Sartre et de Camus pour l'oeuvre de Pagliero, de phnomnologie pour celle d'Allgret?)

En vrit, Aurenche et Bost affadissent les oeuvres qu'ils adaptent, car l'vidence va toujours soit dans le sens de la trahison, soit de la timidit. Voici un bref exemple : dans "Le Diable au corps" de Radiguet, Franois rencontre Marthe sur le quai d'une gare, Marthe sautant, en marche, du train; dans le film, ils se rencontrent dans l'cole transforme en hpital. Quel est le but de cette quivalence? Permettre aux scnaristes d'amorcer les lments anti-militaristes ajouts  l'uvre, de concert avec Claude Autant-Lara.

Or il est vident que l'ide de Radiguet tait une ide de mise en scne, alors que la scne invente par Aurenche et Bost est littraire. On pourrait, croyez-le bien, multiplier les exemples  l'infini.

IL FAUDRAIT BIEN QU'UN JOUR...

Les secrets ne se gardent qu'un temps, les recettes se divulguent, les connaissances scientifiques nouvelles font l'objet de communications  l'Acadmie des Sciences et, puisqu' en croire Aurenche et Bost, l'adaptation est une science exacte, il faudrait bien qu'un de ces jours ils nous apprissent au nom de quel critre, en vertu de quel systme, de quelle gomtrie interne et mystrieuse de luvre, ils retranchent, ajoutent, multiplient, divisent et "rectifient" les chefs-duvre?

Une fois mise l'ide selon quoi ces quivalences ne sont qu'astuces timides pour contourner la difficult, rsoudre par la bande sonore des problmes qui concernent l'image, nettoyages par le vide pour n'obtenir plus sur l'cran que cadrages savants, clairages compliqus, photo lche, le tout maintenant bien vivace la "tradition de la qualit", il est temps d'en venir  l'examen de l'ensemble des films dialogus et adapts par Aurenche et Bost et de rechercher la permanence de certains thmes qui expliqueront sans la justifier l'infidlit constante de deux scnaristes aux oeuvres qu'ils prennent pour "prtexte" et "occasion". Rsums en deux lignes, voici comment apparaissent les scnarios traits par Aurenche et Bost :

La Symphonie pastorale : Il est pasteur, il est mari. Il aime et n'en a pas le droit.

Le Diable au corps : Ils font les gestes de l'amour et n'en ont pas le droit.

Dieu a besoin des hommes : Il officie, bnit, donne l'extrme onction, et n'en a pas le droit.

Jeux interdits : Ils ensevelissent et n'en ont pas le droit.

Le Bl en herbe : Ils s'aiment et n'en ont pas le droit.

On me dira que je raconte aussi bien le livre, ce que je ne nie pas. Seulement, je fais remarquer que Gide a crit aussi : "La Porte troite", Radiguet : "Le Bal du comte d'Orgel", Colette : "La Vagabonde", et qu'aucun de ces romans n'a tent Delannoy ou Autant-Lara.

Remarquons aussi que les scnarios, dont je ne crois pas utile de parler ici, vont dans le sens de ma thse : Au del des grilles, Le Chteau de verre, L'Auberge rouge... On voit l'habilet des promoteurs de la Tradition de la qualit,  ne choisir que des sujets qui se prtent aux malentendus sur lesquels repose tout le systme. Sous le couvert de la littrature - et bien sr de la qualit - on donne au public sa dose habituelle de noirceur, de non-conformisme, de facile audace.

L'INFLUENCE D'AURENCHE ET BOST EST IMMENSE...

Les crivains qui sont venus au dialogue de films ont observ les mmes impratifs; Anouilh, entre les dialogues des Dgourdis de la 11e et Un caprice de Caroline chrie, a introduit dans des films plus ambitieux son univers que baigne une pret de bazar, avec en toile de fond les brumes nordiques transposes en Bretagne (Pattes blanches). Un autre crivain, Jean Ferry, a sacrifi  la mode, lui aussi, et les dialogues de Manon eussent tout aussi bien pu tre signs d'Aurenche et Bost : "Il me croit vierge, et dans le civil, il est professeur de psychologie!" Rien de mieux  esprer des jeunes scnaristes. Simplement, ils prennent la relve, se gardant bien de toucher aux tabous. Jacques Sigurd, un des derniers venus au "scnario et dialogue", fait quipe avec Yves Allgret. Ensemble, ils ont dot le cinma franais de quelques uns de ses plus noirs chefs-duvre : Dde d'Anvers, Manges, Une si jolie petite plage, Les Miracles n'ont lieu qu'une fois, La jeune folle. Jacques Sigurd a trs vite assimil la recette, il doit tre dou d'un admirable esprit de synthse car ses scnarios oscillent ingnieusement entre Aurenche et Bost, Prvert et Clouzot, le tout lgrement rajeuni. La religion n'a jamais de part, mais le blasphme fait toujours timidement son entre grce  quelques enfants-de-Marie ou quelques bonnes surs qui traversent le champ au moment o leur prsence est la plus inattendue (Manges, Une si jolie petite plage).

La cruaut par quoi l'on ambitionne de " remuer les tripes du bourgeois " trouva sa place dans des rpliques bien senties du genre : " il tait vieux, il pouvait crever " (Manges). Dans Une si jolie petite plage Jane Marken envie la prosprit de Berck  cause des tuberculeux qui s'y trouvent : leur famille vient les voir et a fait marcher le commerce ! (On songe  la prire du Recteur de l'Ile de Sein).

Roland Laudenbach, qui semblerait plus dou que la plupart de ses confrres, a collabor aux films les plus typiques de cet tat d'esprit : La Minute de vrit, Le Bon Dieu sans confession, La Maison du silence. Robert Scipion est un homme de lettres dou; il n'a crit qu'un livre : un livre de pastiches; signes particuliers : la frquentation quotidienne des cafs de Saint-Germain-des-Prs, l'amiti de Marcel Pagliero que l'on nomme le Sartre du cinma, probablement parce que ses films ressemblent aux articles des Temps Modernes. Voici quelques rpliques des Amants de Brasmort, film populiste dont des mariniers sont les " hros", comme les dockers taient ceux de Un homme marche dans la ville : " Les femmes des amis c'est fait pour coucher avec. " "Tu fais ce qui te rapporte; pour a tu monterais sur n'importe qui, c'est le cas de le dire. "

Dans une seule bobine du film, vers la fin, on peut entendre en moins de dix minutes les mots de : "grue, putain, salope, et connerie " est-ce cela le ralisme ?

ON REGRETTE PREVERT...

A considrer l'uniformit et l'gale vilenie des scnarios d'aujourd'hui, l'on se prend  regretter les scnarios de Prvert. Lui croyait au diable, donc en Dieu, et si la plupart de ses personnages taient par son seul caprice chargs de tous les pchs de la cration, il y avait toujours place pour un couple sur qui, nouveaux Adam et Eve, le film termin, l'histoire allait se mieux recommencer.

REALISME PSYCHOLOGIQUE, NI REEL, NI PSYCHOLOGIQUE...

Il n'y a gure que sept ou huit scnaristes  travailler rgulirement pour le cinma franais. Chacun de ces scnaristes n'a qu'une histoire  raconter et comme chacun n'aspire qu'au succs des "deux grands", il n'est pas exagr de dire que les cent et quelques films franais raliss chaque anne racontent la mme histoire : il s'agit toujours d'une victime, en gnral un cocu. (Ce cocu serait le seul personnage sympathique du film s'il n'tait toujours infiniment grotesque: Blier-Vilbert, etc.). La rouerie de ses proches et la haine que se vouent entre eux les membres de sa famille, amnent le "hros"  sa perte; l'injustice de la vie, et, en couleur locale, la mchancet du monde (les curs, les concierges, les voisins, les passants, les riches, les pauvres, les soldats, etc.).

Distrayez-vous, pendant les longues soires d'hiver, en cherchant des titres de films franais qui ne s'adaptent pas  ce cadre et, pendant que vous y tes, trouvez parmi ces films ceux o ne figure pas dans le dialogue cette phrase, ou son quivalent, prononce par le couple le plus abject du film: "C'est toujours eux qui ont l'argent (ou la chance, ou l'amour, ou le bonheur), ah ! c'est trop injuste  la fin". Cette cole qui vise au ralisme le dtruit toujours au moment mme de le capter enfin, plus soucieuse qu'elle est d'enfermer les tres dans un monde clos, barricad par les formules, les jeux de mots, les maximes, que de les laisser se montrer tels qu'ils sont, sous nos yeux (8). L'artiste ne peut dominer son oeuvre toujours. Il doit tre parfois Dieu, parfois sa crature. On connat cette pice moderne dont le personnage principal, normalement constitu lorsque sur lui se lve le rideau, se retrouve cul-de-jatte  la fin de la pice, la perte successive de chacun de ses membres ponctuant les changements d'actes. Curieuse poque o le moindre comdien rat use du mot kafkaen pour qualifier ses avatars domestiques. Cette forme de cinma vient tout droit de la littrature moderne, mi-"kafkaenne", mi-bovaryste ! Il ne se tourne plus un film en France que les auteurs ne croient refaire Madame Bovary. Pour la premire fois dans la littrature franaise, un auteur adoptait par rapport  son sujet l'attitude lointaine, extrieure, le sujet devenant comme l'insecte cern sous le microscope de l'entomologiste. Mais si, au dpart de l'entreprise, Flaubert avait pu dire : "Je les roulerai tous dans la mme boue - tant juste" (ce dont les auteurs d'aujourd'hui feraient volontiers leur exergue), il dut dclarer aprs coup : "Madame Bouary c'est moi" et je doute que les mmes auteurs puissent reprendre cette phrase et  leur propre compte !


in "LE PLAISIR DES YEUX",d. Cahiers du Cinma.

  Cahiers du cinma, 1987 

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Un Diable au corps provencal

http://www.lire.fr/critique.asp/idC=35385&idTC=3&idR=218&idG=3

Pierre Magnan, Un grison d'Arcadie, DENOEL

Un Diable au corps provenal

par Jean-Rmi Barland
Lire, fvrier 1999

Mais que pouvait bien rechercher Tancrde Patrocle, hros de la Rsistance et mrite coureur de jupons, aux premires lueurs de l'aube dans les collines du Manosque de l'immdiat aprs-guerre? Que du malheur puisque le notable trouve la mort lors de cette escapade incongrue.

C'est Pierrot, quinze ans, ivre d'illusions et garon  tout faire de la mairie qui, ramassant des escargots, dcouvre son cadavre. Fouillant ses poches, il tombe sur une lettre sans quivoque quant aux intentions libertines du dfunt: Mon chri, j'ai quelque chose de trs important  te dire. Viens demain vers cinq heures du matin (l'Albert sera au fournil) au bastidon du Jean Laine o notre amour a commenc. Je t'embrasse fort, fort. Sign: Lucinde, la femme du boulanger. Le criminel semble dmasqu. Le mari jaloux parat avoir supprim son rival.

Pour une fois, Pierre Magnan nous offre ds le dbut d'un de ses romans et le coupable et le mobile. C'est sans compter sur son imagination diabolique, puisque le lecteur apprendra  ses dpens qu'il faut se mfier des fausses vidences. Avant le terrifiant pilogue, une autre histoire se dessine: celle de la passion d'un adolescent romantique pour une femme mre nomme Mme Henry. Auprs de son corps il apprend l'amour, tombe  la renverse en coutant la cantate 140 de Bach et dcouvre la littrature, notamment les Mmoires de Saint-Simon jugs au sommet de la pyramide des arts.

Rcit d'ducation plus proche de La naine que de La maison assassine, cette enqute des plus noires redit toute la passion de Pierre Magnan pour les chemins si chers  Giono. Des personnages hauts en couleur, une narration en forme de Diable au corps provenal ml de tragdie antique, un style potique, un roman bouriffant d'intelligence.

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